Je suis un kaléidoscope.
Mais ici, en Normandie, je suis un peu plus que cela.
Je suis peut-être l’objet qui raconte le mieux l’histoire d’Après la Pluie.
Elle commence avec un homme, Dominic Stora.
En 1977, Dominic cherche des kaléidoscopes. Les anciens sont rares, les nouveaux ne lui plaisent guère. Alors il décide d’en fabriquer lui-même.
Il connaît la photographie, la lumière, l’optique. Il essaie, recommence, invente… et bientôt, de ses mains, naissent les premiers kaléidoscopes d’Après la Pluie.
Presque cinquante ans plus tard, il en fabrique toujours.
J’aime assez cette idée.
Car dans chacun de nous, Dominic laisse un peu de son regard sur la lumière, les couleurs et le merveilleux. Une sorte de petit héritage destiné aux enfants d’aujourd’hui, à ceux de demain… et à tous les grands enfants que nous n’avons jamais vraiment cessé d’être.
C’est peut-être cela, finalement, la jolie idée d’un kaléidoscope : transmettre un émerveillement qui ne vieillit pas.
Mais assez parlé de lui. Il n’aimerait probablement pas que je devienne trop sentimental.
Regardez plutôt en moi.
Tournez doucement.
Encore un peu…
Voilà.
L’image que vous voyez n’existait pas il y a quelques secondes.
Tournez à nouveau et elle disparaîtra pour toujours.
C’est mon petit pouvoir : avec quelques fragments, de la lumière et des miroirs, je fabrique des images qui n’existent qu’une fois.
Dominic a remarqué autre chose au cours de toutes ces années.
Lorsqu’une personne regarde dans l’un de ses kaléidoscopes, très souvent… elle sourit.
Les enfants immédiatement.
Les adultes aussi.
Ils essaient simplement de faire croire qu’ils mènent une étude très sérieuse d’optique.
Alors maintenant que je suis à vous, faites-moi une petite faveur.
Ne cherchez pas la plus belle image.
Il y en aura toujours une autre.
Tournez-moi simplement.
Regardez.
Et recommencez.
Après tout, je suis né chez Après la Pluie.
Et après la pluie…
il y a toujours un peu de lumière.
I am a kaleidoscope.
But here, in Normandy, I am a little more than that.
I may be the object that tells the story of Après la Pluie better than any other.
My story begins with a man: Dominic Stora.
In 1977, Dominic was looking for kaleidoscopes. Antique ones were rare, and the new ones he found did not really please him. So he decided to make them himself.
He already knew photography, light and optics. He experimented, tried again, invented… and before long, the first Après la Pluie kaleidoscopes were being made by his own hands.
Nearly fifty years later, he is still making them.
I rather like that.
Because in each of us, Dominic leaves a little of the way he sees light, colour and wonder. A small inheritance for the children of today, for those of tomorrow… and for all the grown-up children we never entirely stopped being.
Perhaps that is the loveliest thing about a kaleidoscope: it passes on a sense of wonder that never grows old.
But enough about him. He probably would not want me to become too sentimental.
Look inside me instead.
Turn me gently.
A little more…
There.
The image you are seeing did not exist a few seconds ago.
Turn me again and it will disappear forever.
That is my small magic: with a few fragments, some light and a handful of mirrors, I create images that exist only once.
Dominic noticed something else over all these years.
When someone looks into one of his kaleidoscopes, very often… they smile.
Children do it immediately.
Adults do too.
They simply try to pretend they are conducting a very serious optical investigation.
Now that I belong to you, do me one small favour.
Do not search for the most beautiful image.
There will always be another one.
Just turn me.
Look.
And begin again.
After all, I was born at Après la Pluie.
And after the rain…
there is always a little light.
